De Boucle d’Or au marketing passif-agressif en passant par T’choupi. Et si on en parlait ?

 

Commençons avec une question naïve : comment choisir un bon « Boucle d’Or » sur l’AppStore ?

Parmi tous les Boucle d’Or de l’AppStore, j’ai mes préférences.

 

Boucle d'Or - JH Digital

Par exemple, cette version là me fait un peu peur.

Les illustrations sont, pour certaines, repoussantes.

Les textes sont truffés de fautes de français et d’orthographe.

La réalisation est évidemment artisanale et je suis persuadée que tout cela part d’une très bonne volonté, mais le résultat est là : l’appli n’est pas utilisable, quel que soit le contexte : à la maison, à l’école, en train ou en voiture. C’est non.

 

 

Boucle d'Or - Chocolapps

 

Cette deuxième version, signée Chocolapps est en revanche tout à fait convenable.

Elle est bien réalisée, et les enfants aiment beaucoup les dessins animés qui se déroulent à chaque page, tandis que les parents sont séduits par les petites fonctionnalités d’aide à la lecture.

 

 

 

 

Boucle d'Or - Nathan

 

Enfin, j’ai un faible pour cette troisième appli, signée Nathan.

Bien écrite, bien illustrée, gentiment modernisée, c’est vraiment une excellente option, créée pour le papier avec brio, puis transformée en application iPad/iPhone avec talent.

Enfin… Ça, c’était avant.

Avant le 18 octobre 2012 pour être bien précis.

 

Mise à jour décembre 2012 : Nathan a corrigé le bandeau incriminé. Merci :-)

 

 

Continuons en parlant d’applis pleines de sauce marketing…

Les fiches du catalogue Déclickids tentent de vous renseigner sur les choix des éditeurs sur le plan marketing.

Marketing ChocolappsIl est en effet facile, sur les applis, d’inclure des tas de liens vers l’AppStore.

Chocolapps, par exemple, ne s’en prive pas : « espace parents » en début d’appli, avec toute la collection en liens directs et la possibilité de s’inscrire à une newsletter, et liens nombreux et toujours non protégés en fin d’appli, une fois la lecture terminée. Judicieux et efficace : un bon moyen de vendre ses autres applications et de construire une base client.

Ils ne sont pas les seuls, loin de là ! Chez Quelle Histoire la situation est similaire, avec de la publicité à tous moments (ouverture de l’application, sommaire, fin d’histoire, etc.).

Et c’est finalement un peu partout comme ça, même si c’est souvent un peu plus discret : liens directs non protégés sur la page d’accueil ou dans une page « plus d’applis », liens vers Facebook et Twitter sur la page d’accueil, l’ours ou les paramètres.

Fais comme moi - Dispositif marketing

La plupart des applications d’ABC-Apps, pour donner un autre exemple, proposent également l’intégralité de la collection sous forme de liens directs non protégés.

Un autre exemple, plus nuancé ? La Souris qui raconte, un éditeur numérique dont j’aime beaucoup la production, a intégré un lien AppStore et un lien Facebook en page d’accueil de la plupart de ses applis. C’est beaucoup beaucoup plus discret, moins « réclame » que les grands panneaux mobiles de Chocolapps, plus élégant aussi, mais… les liens sont là, ils ne sont pas protégés, et on peut se retrouver d’un tap sur l’AppStore ou Facebook.

 

La Petite musique du monde - Liens directs en page d'accueil

La Petite musique du monde – Liens directs en page d’accueil : beaucoup plus discret et élégant, mais activable cependant. Profitez-en pour découvrir ce très joli conte poétique.

 

Et c’est grave, c’est mal ?

Soyons clairs et honnêtes une seconde.

Quand vous achetez un livre chez votre libraire de quartier, vous n’y trouvez pas, en page d’accueil, ou en page de fin, voire sur la tranche de chaque page, un bon de commande pré-rempli et pré-affranchi, activable du bout du doigt, pour l’ensemble des productions de l’éditeur.

Quand vous allez dans la petite boutique de quartier acheter un jouet en bois ou un joli doudou pour votre dernier né, le château tout juste acquis ne porte pas en incrustation une puce électronique commandant automatiquement le bateau pirate sur simple activation. Pire, il est même possible d’ignorer qu’il existe un bateau pirate ! Et c’est même vrai pour les horreurs en plastique à moins de 10 €. Dingue.

château de bois

 

Conclusion ? Ce qui se passe avec les applications mobiles est relativement inédit.

Les éditeurs intègrent ces liens parce que c’est possible. Ils y sont encouragés par leurs pairs (ceux qui gagnent le plus d’argent sont aussi sont dont le marketing est le plus agressif), par la passivité des journalistes et du public (tant que personne ne râle, finalement…), par le désespoir aussi, parce que gagner sa vie en vendant 3,49 € des applis qui ont coûté des milliers d’euros à produire, c’est difficile (on en reparlera).

Au final, ces liens semblent pas grand-chose. Beaucoup de bruit pour rien diront certains. Vu le prix des applis, il faut bien se rattraper quelque part. La publicité, la vraie, coûte trop cher. Le marketing (participation à des salons, organisation d’événements, concours, jeux, produits dérivés, promotions, flyers, etc.) prend du temps, n’est pas gratuit et n’a pas encore totalement démontré son efficacité… Alors quelques liens de plus, ça ne coûte pas trop cher, et si ça peut susciter quelques ventes…

et c'est grave ?

 

Bon, ok, mais finalement, que s’est-il passé, le 18 octobre ? Et quel rapport avec Boucle d’Or ?

Mi octobre,  Nathan a mis à jour ses applications. Boucle d’Or mais aussi les autres Musicontes, Le Petit Poucet et Cendrillon. En réalité, la plupart des applications ont été mises à jour.

Discrètement intitulée, sur l’AppStore « compatibilité IOS6 », la mise à jour embarque en réalité un nouveau bouton, présent dans toutes les applications (donc également dans la collection Premières Lectures ainsi que dans les trois applications Tchoupi).

nos applis et ebooks

Ce bouton est rouge. Il s’active d’un « tap » et ouvre la liste des applications et des ebooks signés Nathan. Ah oui ! Parce que mi-octobre, c’est aussi la date à laquelle l’iBookStore s’est enrichi de quatre nouveaux T’choupi.

OK. Donc Nathan, qui jusque là n’avait pas de dispositif marketing dans ses applications, fait comme les copains et se met à la page (enfin, à l’écran). So what ?

Boucle d'Or et son bouton marketing

Le bouton rouge reste en permanence, gâchant l’image et masquant le texte. Vous en voulez, vous, de cette soupe ?

 

So what ? Quand est-ce qu’on dit « stop » ?

Proposons une règle relativement simple. On dit stop quand l’expérience du jeune utilisateur est gâchée. Ici, par exemple, c’est le cas. L’application est belle. Le texte est bien écrit. Les illustrations sont soignées. La narration est excellente. Mais comment profiter de cette merveille avec un gros bouton rouge en plein milieu ? Comment, tout simplement lire le texte ?

stop

C’est un bug ? Ah, ok, ok, au temps pour moi alors. Et tester les applications avant de les poster sur l’AppStore, non ? Et c’était il y a déjà trois semaines, tout de même.

Prenons donc l’exemple de ce « bug » pour parler de l’expérience des enfants et de leurs parents avec les applis jeunesse. Tout le monde s’accordera sur ce point : les liens d’achat et les liens sociaux dans les applis jeunesse sont destinés aux parents, pas aux enfants. Right ? Quand ils sont directement activables depuis la page d’accueil de l’appli ou depuis la fin d’une histoire, ils entraînent l’enfant sur l’AppStore ou Facebook. Même si la tablette est bien paramétrée (mode avion activé par exemple), l’expérience de l’enfant est interrompue. Et plus il est jeune, plus c’est gênant !

 

Conduite accompagnée

bébé et tablette 2 - shutterstock_107946740

Vous allez me dire, comme Françoise (et vous aurez raison) : mais la tablette n’est pas une nounou !

On n’abandonne pas les enfants, surtout les plus jeunes, avec une appli et hop, basta, débrouille-toi !

Certes. Oui, bien sûr, les écrans ne sont pas des nounous. La tablette pas plus que la TV. Oui, il faut accompagner les usages.

Mais.

Mais quelle est la meilleure expérience, même accompagnée ? TF1 ou France 5 pour les dessins animés du matin (oui, je sais, pas de ça chez vous ; de toutes façons vous n’avez pas la télé, etc. etc.) ? Vous, vos dessins animés, vous les préférez avec ou sans pub pour les produits dérivés Dora dedans ? Honnêtement ? Et vos DVD, vous pestez contre les bande annonces qu’on ne peut pas passer ? Ou pas ? Et sur la tablette, vous vous voyez dire « non, non, laisse-moi naviguer, le tapotage sur écran, ce n’est pas de ton âge » ?

Et puis les livres, les bonnes histoires, ça n’a pas de limite d’âge inférieure ! On invite les enfants à entrer seuls dans les livres cartonnés dès qu’ils savent se servir de leurs mains. Faut-il considérer que non, Va-t-en gros monstre vert en appli et sur écran ce n’est pas pareil : il faut avoir atteint un certain âge pour avoir le droit de faire glisser l’écran soi-même, assis dans le canapé, à côté de papa-maman certes, mais un peu autonome quand même. On en reparlera, de ça aussi, c’est tellement important… L’autonomie, l’âge, les écrans, l’accompagnement, les dangers. J’ai la tête qui tourne je crois…

Mais, si ces boutons ne sont pas pour moi, pourquoi sont-ils là ?

Revenons à nos boutons. Euh, à nos moutons. Enfin à Boucle d’Or, quoi.

Mettons-nous un moment à la place d’un professeur des écoles de PS qui propose des ateliers tablettes au moment de l’accueil. Admettons qu’il/elle dispose de cinq tablettes. Alors bien sûr les usages sont accompagnés, bien sûr il/elle va expliquer que « non, ce vilain gros bouton avec un F dessus, tu n’y touches pas, il n’est pas pour toi ». Et il/elle va expliquer aussi comment on revient dans une appli qu’on a quittée sans faire exprès. « Alors tu cliques là, et tu cherches ici, et tu fais comme ça… » C’est confortable ? Non. Pour personne.

Maintenant imaginons 10 secondes une expérience en bibliothèque. Avec une cinquantaine de tablettes en consultation, voire en prêt. Oui, les usages sont accompagnés, c’est même l’objectif principal du bibliothécaire jeunesse. Alors, à votre avis, que va-t-il / elle penser de la mise à jour du Boucle d’Or de Nathan ?

 

Alors que faire ?

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je sais que ce marché est une jungle. Je sais que c’est très difficile. Je sais que tout cela est en friche, balbutiant. Qu’on cherche, qu’on tâtonne  Et qu’on ne réussira qu’en faisant, et donc en se trompant. En réalité, je suis même très bien placée pour le savoir.

Je pose simplement la question, humblement, doucement. Faut-il mettre des liens actifs vers l’AppStore et les réseaux sociaux pour s’en sortir ?

Si les études montrent que la réponse est « oui », alors… tant mieux. Ou tant pis. Mais si la réponse est « non » ? Gâcher l’expérience utilisateur sans rien gagner en retour ? Durcir les usagers dans une posture de consommateurs ? Qui gagne à ce jeu-là ? My 10 cents : sûrement pas les plus petits (éditeurs), ni les plus jeunes (yeux).

Et si on en discutait, simplement ?

Première proposition : cantonner les liens d’achat et les liens sociaux à un écran identifié « zone parents » dont le bouton est au minimum discret, et de préférence protégé.

Seconde proposition : parce que c’est effectivement tentant de montrer à l’enfant qu’il existe d’autre titres dans la collection, lui présenter (si cela fait sens) une page « en savoir plus » (sur la collection par exemple) dans le cadre de l’application, mais sans lien.

 

Et voilà. L’action marketing est la même, et l’expérience de l’enfant est préservée.

Non ? C’est difficile ? Pas pertinent ? Et si on en parlait ?

 

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51 Responses to De Boucle d’Or au marketing passif-agressif en passant par T’choupi. Et si on en parlait ?

  1. Gallisse 07/11/2012 at 07:41 #

    Bravo pour cet article !
    Ces pratiques me dérangent également énormément, encore plus quand on se penche et imagine des situations pédagogiques, en classe, avec les tablettes.
    Dans les listes de ressources que je suis amené à proposer aux enseignants, j’élimine systématiquement les applis trop « commerciales », avec beaucoup de regrets parfois.
    Espérons que les éditeurs sauront écouter les remarques pertinentes des observateurs avisés !

    • DéclicKids 07/11/2012 at 08:19 #

      Merci pour ce commentaire. Oui, parfois j’hésite à « mal noter » une appli à cause de ça, alors que l’appli est bonne. C’est pénible ! :-)

  2. karo 07/11/2012 at 09:25 #

    Un peu comme le dopage à mes yeux ;-) Si on n’en fait pas on est mort et plus les concurrents en font plus il faut être sioux !!! Pas facile quand on est un petit éditeur et que l’on pense comme vous ;-)

    • DéclicKids 07/11/2012 at 16:03 #

      J’aime bien la comparaison avec le dopage. C’est vrai.

  3. karo 07/11/2012 at 09:29 #

    On pourrait aussi parler de l’inApp Purchase dans l’appli enfant ;-)

    • DéclicKids 07/11/2012 at 10:34 #

      yes, parlons-en, prochain billet « de fond »

  4. LSQR 07/11/2012 at 10:18 #

    Evidemment que le sujet est brûlant ! Evidemment que certains poussent le bouchon un peu loin ! Mais le problème est de taille. Des prix trop bas, une visibilité nulle dès lors que vous n’êtes pas dans le top 50 (100 grand max). Alors oui ! On fait comme les copains sur un marché en pleine construction où c’est d’abord et avant tout la jungle. Oui, tu as raison de t’insurger ! Oui il serait bon de trouver d’autres moyens, mais faute de mieux, on minimise comme chez LSQR ! Vu de ma fenêtre, les applications devraient être lues accompagnées d’un parent. Le parent a un rôle à tenir dans la découverte de tout ce qui touche à sa progéniture. Le mettre devant une télévision, envahie d’écrans pub, ce n’est guère mieux, non ? … La découverte, cela s’accompagne. Les tablettes ne sont pas des nounous de nouvelles générations !

    • DéclicKids 07/11/2012 at 10:42 #

      Tu as raison Françoise :) Au moins le sujet vous fait un peu réagir et discuter, c’était le but. :-)

  5. Simon Royer 07/11/2012 at 14:31 #

    Encore un très bon article !

    Toujours utile d’expliquer aux non initiés les enjeux auxquels sont confrontés les éditeurs .

    Ce qui se passe sur les applis c’est dans la continuité de ce qu’on rencontre au cours de nos navigations sur le web, on use et abuse du tap/clic qui nous envoie si facilement sur des liens payants.

    Mais est ce que vous avez une idée de l’efficacité de ces systèmes publicitaires ?
    Un lien ou 2 (en accès protégé ou non) sur le sommaire valent t’ils mieux ou moins que les autres formes de pub ?
    La gratuité ou le faible coût de vente des applis comme standard sur l’appstore, le référencement inéquitable ! Qui bloque l’émergence d’app’ de qualité …(pour le livre papier c’est la même…rien de nouveau sous le soleil)
    Ca ça va être dur à modifier… Pour ce qui est de la pub j’ai bon espoir que ça s’améliore,s’équilibre, (c’est aussi comme ça qu’on aime ou non une maison d’édition).

    Pour Nathan c’est juste n’importe quoi et ça relance le débat sur ces « mises à jour » des produits dématérialisés. (nombreux exemples dans des univers proches comme les jeux vidéos)
    Oui ou non suis je le propriétaire ? Mise à jour apportant des améliorations etc OK Mais dégradation de mon produit par un bête bouton promotionnel ?! non merci.

    Tu me diras il faut lire les conditions d’utilisations (qui parfois changent ! sur le démat’)
    Bref ….OUI ! Continuons d’en parler !
    « Que tout fût clair, tout nous semblerait vain. » dixit le moteur à citation Paul Valery ;)

    • DéclicKids 07/11/2012 at 17:04 #

      Merci beaucoup Simon de ce commentaire !

  6. Applimini 07/11/2012 at 14:56 #

    A l’étranger, des éditeurs se sont regroupés il y a maintenant plus d’un an et on créé un collectif. Ils ont défini 10 règles d’or à suivre pour développer une appli jeunesse:
    http://www.applimini.com/les-editeurs-en-quete-de-qualite-sassocient

    Moi, je suis contre ces liens, tout comme Nathalie!

    Alors oui ok, les parents sont sensés accompagner les enfants lorsqu’ils ont un Ipad entre les mains. Mais est-ce vraiment toujours le cas? Suis-je donc la seule à laisser mes enfants en autonomie (même les plus petits) dans certains cas (le lait à surveiller, le coup de fil à la belle-mère qui s’éternise…)

    On vante les mérite des tablettes qui permettent les enfants à gagner en autonomie et à côté de ça on ajoute des boutons en disant que « non non non c’est seulement pour les parents ».

    Chers éditeurs, ne pensez pas que nous ne voulons pas voir votre catalogue mais faites preuve d’un peu plus de discretion.

    Et merci Nathalie pour cet article. Le débat est grand grand ouvert!

  7. Laetitia 07/11/2012 at 15:21 #

    Bonjour Nathalie,

    Merci de soulever le sujet car il est effectivement sensible en interne.

    Tout l’enjeux pour nous est à la fois de vendre notre catalogue tout en respectant l’utilisateur et nos engagements de qualité. C’est une subtile alchimie à doser correctement, merci pour ce retour!

    Bonne journée et à bientôt.

    • DéclicKids 07/11/2012 at 15:58 #

      Merci Laetitia d’être venue apporter votre commentaire.
      Si le sujet est sensible en interne, je suppose que cela signifie que, même chez Chocolapps, il y a des gens pour penser qu’il ne faut pas trop charger l’appli de liens externes ?
      Alors ma question. Pour vous et pour les autres éditeurs, et tout particulièrement pour ceux qui s’adressent aux enfants entre 18 mois et 6-7 ans, pourquoi ne pas, tout simplement, protéger légèrement vos liens contre le « tap » accidentel ? Triple tap, interrupteur en zone parents, mot de passe de type multiplication, tout est envisageable et relativement simple à mettre en oeuvre, surtout à côté de ce que vous faites déjà par ailleurs. D’ailleurs certains éditeurs le font déjà !
      Et si vous ne l’envisagez pas, cette mesure tout simple, pourriez-vous, vous et les autres éditeurs, nous expliquer pourquoi ?
      Merci :-) !!

  8. e-Toiles 07/11/2012 at 16:04 #

    Merci pour cet article!
    En tant qu’éditeur, ne nous trompons surtout pas de cible: pour faire la promotion des applis, toutes les options sont permises en amont à l’attention des parents mais une fois l’application acquise, celle-ci appartient à l’enfant !
    Les achats in-app, les liens facebook et autres ne le concernent en aucun cas et n’ont donc absolument rien à faire à l’intérieur de l’appli.
    Chez e-Toiles, nous envisageons, comme cela se fait déja aux Etats-Unis, de mentionner à l’aide d’un logo l’absence d’accès commerciaux au sein de l’application. Si d’autres éditeurs ont la même démarche, nous pouvons concevoir ensemble une charte et la création de ce logo.

  9. Laetitia 07/11/2012 at 16:21 #

    Sujet sensible dans le sens où nous sommes en pleine réflexion de fond sur le sujet!
    Et le double tap fait effectivement partie des solutions envisagées ;)

  10. vairaunik 07/11/2012 at 16:27 #

    Formidable débat ouvert grâce à ce billet, discuter permet de lever les ambiguïtés et permettra (je l’espère) de faire évoluer (positivement) le sujet.
    Oui, un triple tap pour protéger c’est possible, je n’y connais rien (moi) mais il existe dans une app que j’utilise chaque jour (et même il faut CINQ tap !).
    Un peu de discrétion, le coin des parents : c’est toujours une bonne idée sur une app destinée à des petits … Des vœux de bons sens il me semble.
    Merci à AppliMini de rappeler que nous recherchons l’autonomie pour les enfants … cela ne signifie pas les laisser tout seuls dans la jungle / forêt / rue … notre présence est aussi essentielle quand nous choisissons, sélectionnons du contenu pour eux, en amont …

    Nous comprenons bien le souci de vendre (et pour certains de vivre de ses ventes, tout simplement) mais comprenez le nôtre (usagers, acheteurs, enfants, parents, maîtresse) de profiter de notre achat sans sollicitations omniprésentes.
    Certains boutons sèment le doute pour les enfants : « où j’appuie pour entendre mon histoire / pour jouer » ?
    Oui, je suis prête à payer pour la qualité, pour le travail, mais reconnaissez-nous aussi le droit de profiter de notre achat.
    Oui, je suis aussi pour une « clean attitude », une « éthiquette » : une charte qui reconnaît le droit des petits mais qui nomme aussi les auteurs.

    Pas facile de satisfaire chacun mais avec un peu de bon sens on pourrait faire mieux non ?

    véronique,
    enseignante en maternelle,
    dotée de quelques iPads qui ne sont pas autant de « nounous » dans la classe … non …

  11. Carole Nipette 07/11/2012 at 17:13 #

    C’est clair, ce qui me gène le plus c’est que le lien soit trop facilement clicable par l’enfant qui sort de l’appli du coup et se demande ce qu’il a mal fait… perso, j’avais déjà signalé ça à Chocolapps au début, il me semble qu’ils ont fait un effort par rapport à à avant… on trouve cependant de plus en plus d’applis sans pub, ils les mettent dans les versions lites ce qui se peut se comprendre et si on aime, on achète la complète sans pub comme dans celles 123Funkids

    • DéclicKids 07/11/2012 at 18:36 #

      Je suis tout à fait d’accord. C’est un problème de qualité d’expérience, pas de marketing. Je crois qu’on est très très nombreux à avoir « signalé » ce « problème » à Chocolapps (et à d’autres), et depuis très longtemps.
      Du coup on est aussi ravi d’apprendre de la main de Laetitia qu’ils sont en train de réfléchir aux moyens de résoudre ce « problème ». :)
      Oui, c’est vrai qu’on trouve de plus en plus d’applis sans pub, mais on trouve aussi l’inverse. Les applis Nathan n’avaient pas de pub jusqu’au mois dernier et en ont maintenant.

      • Applikids 07/11/2012 at 19:11 #

        Je trouve cela d’ailleurs étonnant de la part d’un grand éditeur comme Nathan. Leur modèle économique ne repose pas sur les applis, ils ont déjà des marques très fortes comme T’choupi par exemple.

        A moins qu’en interne, ce soit une entité totalement séparée de l’édition des livres en termes de compte de résultat qui gère cela.

        Julien

  12. Applikids 07/11/2012 at 18:57 #

    Bonjour Nathalie,

    C’est la première fois que je commente chez vous :-)

    Chez Applikids, nous testons uniquement des applis gratuites (ponctuellement gratuites ou de manière permanente), alors les techniques d’upsell et notamment d’achats in-app, on en a vu passer beaucoup. Ne parlons même pas des bandeaux pubs, qui défigurent totalement le design et l’ergonomie des applis.

    Ce marché (des applis) est particulièrement difficile car les règles, comme vous l’avez bien démontré avec l’augmentation des prix, sont fixés par un seul acteur, Apple. Qui ne pense donc qu’à ses intérêts à lui.

    Il y a donc un juste milieu à trouver : les applis ne peuvent pas toujours être gratuite ET de qualité quand on est un éditeur qui ne vit que de cela. Mais ce n’est pas parce que les éditeurs en ont la capacité qu’ils doivent remplir leurs applis d’achats in-app.

    Quand on interrompt l’expérience des enfants pour leur montrer de la pub pour des achats in-app, il y a de grande chance qu’ils cliquent dessus, mais selon les réglages du device, il faudra saisir son mot de passe pour télécharger l’appli. Ils seront alors bloqués, iront demander l’aide de leurs parents. Quel est le pourcentage de chances qu’un parent croyant avoir téléchargé une appli annoncé comme « complète » se retrouve devant une obligation de faire un achat pour poursuivre l’expérience ?

    Les actions ou les design d’applis qui poussent à l’achat in-app presque intempestif me semble une tactique difficilement viable : il y a tellement d’appli ou de versions d’applis gratuites, que les parents téléchargeront plutôt une nouvelle appli plutôt que de se sentir forcé à faire un achat in-app sur une appli qu’ils ont déjà.

    Est-ce que les parents feront confiance 2 fois à un éditeur s’ils se rendent compte que celui-ci use et abuse des achats in-app ?

    Chez Applikids, lorsque nous voyons une appli gratuite, bien faite et sans pub, nous le précisons dans nos articles. Quand la pub est trop gênante (ex : lien visuel qui couvre tout l’écran après chaque partie), nous ne parlons pas de l’appli, ou alors ne mettons de gros warning. Lorsque nous voyons un éditeur qui dans son descriptif prend la peine de dire s’il y a de la pub ou non, nous avons très très envie de lui faire confiance. Il y a aussi les applis qui envoient des push alors que nous avons cliqué sur « ne pas recevoir de push » lors du téléchargement. Nous avons fait le test avec de applis en les désinstallant/réinstallant, et à chaque fois les push étaient envoyés malgré notre désaccord.

    Nous comprenons la nécessité pour les éditeurs d’émerger et de gagner de l’argent (tout le monde est là pour ça après tout), mais quels sont vos retours à vous les éditeurs là-dessus : est-ce que les types de mises en avant actuelles pour les achats in-app génèrent beaucoup de ventes supplémentaires ? Avez-vous testé des méthodes plus soft ?

    Je pense qu’il faut garder en tête qu’il y a d’une part les parents, qui cherchent à occuper leurs enfants intelligemment et qui sont les plus à même de décider si un achat in-app vaut le coup. On peut trouver un moyen plus discret pour les toucher et upseller, et pourquoi pas via l’e-mail ? Et il y a d’autre part les enfants, qui s’amusent de manière innocente.

    Julien

  13. Applimini 07/11/2012 at 19:46 #

    Une question à poser aux éditeurs est également:
    Arrivez-vous à voir si ces pratiques vous génèrent des ventes?

  14. Stef 07/11/2012 at 21:08 #

    Oui, mille fois oui, il faut protéger le jeux des enfants.
    Mon fils va direct sur les boutons rougeś, sur les pubs etc, et il revient me dire tout fier « maman j’ai acheté un jeu » grrrrr…. Il joue et plof, une pub qui le coupe dans la découverte de son jeu….
    Alors oui, si une solution existe pour, même pas limiter, mais empêcher ça, je prends!!

  15. Vanessa Kaplan 08/11/2012 at 09:00 #

    Bonjour Nathalie !

    Merci pour l’article qui suscite la réflexion.
    Même si j’ai envie de différencier les cas de Nathan et de maisons d’édition de taille plus modeste (pour lesquelles j’aurais plus d’indulgence), je suis d’accord avec vous sur le fond de l’article.

    Cette éthique me parait aussi indispensable que l’expérience de jeu (dans notre cas) ou de lecture.

    Evidemment, je me rends bien compte que la concurrence fait rage, que les plus méritants ne sont pas les plus récompensés, etc. Cependant, qui a dit que tenir ses principes devrait être une chose aisée ;) ?

    Je me rends compte qu’aux US les éditeurs se sont fédérés d’une façon plus forte pour porter leurs valeurs, se regrouper et aborder ces thématiques. Peut-être existe-t-il quelque chose de ce genre en France ?

    • DéclicKids 08/11/2012 at 09:17 #

      Merci Vanessa d’être passée commenter !
      Oui, tout est ouvert pour fédérer les bonnes pratiques.
      Oui, l’éthique est indispensable dans ce métier.
      Merci :)

  16. Zanzibook 08/11/2012 at 09:16 #

    Il se passe sur les applis la même chose que sur les livres papiers. Petite je lisais Martine et je passais autant de temps sur la 4eme de couv, où tout le catalogue est proposé, que sur l’histoire et j’adorais cela. J’imaginais les prochaines aventures, j’ai celui-ci, celui-là, je rêve d’avoir le dernier…. Mon frère faisait la même chose sur la 4eme de couv de Tintin et aujourd’hui ma fille de 4 ans fait la même chose avec les Monsieur Madame. Cela vous choque ?

    Par ailleurs, il convient de rappeler que les éditeurs sur l’AppStore n’ont qu’un client : Apple. Les éditeurs n’ont aucun retour mail et identité de leur client direct.

    Zanzibook a intégré ce système de catalogue dans ses apps, actuellement dans les tuyaux d’Apple. Désolée, je sens que je vous déçois là;-)

    Ne pas le faire du tout, c’est ridicule pour un éditeur, surtout lorsque nous sommes sur une collection, il suffit de bien doser, de le faire correctement.

    On s’en reparle donc bientôt !

    • DéclicKids 08/11/2012 at 09:43 #

      Mais Vanessa, relis les dernières phrases de l’article, je ne dis pas cela DU TOUT !

      Je répète. Le problème n’est pas de laisser rêver l’enfant sur les Martine. Le problème est d’avoir des liens actifs qui coupent l’expérience de lecture de l’enfant, parfois avant même qu’il n’ait commencé le livre en cours.

      Que je sache, tu n’as jamais acheté de « Martine » en caressant la quatrième de couve de ton album ?

      Oui, on PEUT le faire et cela n’a rien de choquant. Mais il faut le faire CORRECTEMENT. C’est de cela dont on parle. De la manière de le faire correctement. Sans interrompre l’expérience de lecture de l’enfant. On parle de cela. On parle d’expérience de lecture. D’expérience de jeu. Du respect de cette expérience. D’ergonomie des interfaces.

      Par ailleurs, ton dernier point « ne pas le faire c’est ridicule » est juste dans le cas d’une collection, c’est une évidence. « Dans la même collection » ça fait sens. Du même développeur, déjà, un peu moins… (mais ce point là ne te concerne pas).
      :)

      • DéclicKids 08/11/2012 at 09:53 #

        Je re-clarifie.
        On parle ici de la proposition suivante :

        – éviter que les applis jeunesse, en particulier pour les 2-7 ans, ne disposent, au sein des pages consultées par les enfants, de liens directement activables vers Facebook et l’AppStore.

        A la place avoir :
        – un espace parents avec ces liens effectivement activables, mais, au minimum discret, au mieux protégé (triple tap, code, etc.)
        – un espace « collection » dans la partie enfant quand c’est cohérent, mais sans lien directement activable.

        Voilà, c’est plus clair comme ça ?

        :)

  17. DéclicKids 08/11/2012 at 12:32 #

    Et tant qu’on en parle ensemble, de nombreux éditeurs et développeurs avec lesquels je discute, mais aussi les professionnels également concernés, comme les bibliothécaires, les profs-docs, les professeurs des écoles, les enseignants du secondaire, semblent intéressés par la création d’un « label », d’une « association », etc.

    Il y a eu des initiatives à l’étranger, elles n’ont pas toujours été couronnées d’un immense succès, mais on peut apprendre de leurs tâtonnements et de leurs erreurs, et faire nos propres erreurs pour apprendre encore plus ;-)

    Délickids serait prêt à donner de sa personne et de son énergie pour aider à fédérer les énergies, pour que le monde de l’édition jeunesse numérique soit meilleur, et plus fort aussi, ensemble.

    Qu’en pensez-vous ?

    Les objectifs

    1. Promouvoir une charte de bonnes pratiques pour améliorer la qualité de l’ensemble de la filière dans le respect de l’enfant et des médiateurs culturels ;
    2. Aider les jeunes éditeurs à atteindre plus rapidement les standards de qualité techniques en favorisant la diffusion de la connaissance ;
    3. Aider les éditeurs adhérents et respectant la charte à promouvoir leur travail auprès des publics, et notamment des enseignants et des professionnels de la médiation
    4. … liste évidemment non exhaustive qui dépend aussi de l’envie et de l’énergie des uns et des autres :-)

    Le travail est colossal et personne ne peut faire cela tout seul !

    Ça vous intéresse ? Et si on en parlait ?

    Vous pouvez m’écrire à nathaliec-at-metatext.fr

  18. POTATI 08/11/2012 at 16:33 #

    Je ne vais pas en remettre une couche par rapport à tous les supers commentaires sur le marché, prix des apllis très bas, appstore tout puissant … que cet article a soulevé.
    En revanche je peux dire qu’en tant que parent il faut nous aussi évoluer et apporter des réponses a toutes ces sollicitations.
    Ben perso, j’explique ce que sont la pub et le marketing à mes enfants. Ca commence par les paquets gateaux dans les supermarchés, les pubs à télé, les affiches dans la rue … Je me rends compte que ça fonctionne plutot bien et je pense que la nouvelle génération va très vite « capter » alors que ma génération a plutot gobé et a consommé en fonction c’est à dire bêtement.

    • DéclicKids 08/11/2012 at 17:24 #

      Oui, Marie-Line
      Merci beaucoup pour votre réponse. Oui, je connais votre argumentaire sur « les pubs ça fait partie de la vie, il faut apprendre aux enfants ce que c’est ».

      Et vous avez raison ! 1000 fois raison.

      Mais.

      Quand on achète un produit, on peut s’attendre à une certaine qualité d’expérience. On peut se « satisfaire » d’un produit mal ficelé et plein de pub en se disant : « oui, mais bon, c’est gratuit, c’est la pub qui paye ». Ou bien on peut se sentir désireux d’être plus exigeant. D’avoir envie d’objets de qualité, bien finis, beaux, biens pensés, sans fautes. Et sans pub (cliquable) à l’intérieur.
      Je crois qu’il y a des parents qui ont envie de cela. Des enseignants. Des responsables de CDI. Des bibliothécaires.

      Je crois aussi que la plupart des éditeurs partagent cette envie de qualité de leur « objet fini ». Ils ont envie de se sentir fiers de l’objet proposé au public, de sa qualité, en particulier quand il s’agit d’enfants.

      Pourquoi le numérique échapperait-il à cette exigence ?

  19. Webdokid 08/11/2012 at 20:26 #

    On est finalement tous d’accord ici pour dire qu’il faut pouvoir concilier, d’un côté, les problématiques importantes des éditeurs en termes de promotion et de monétisation, et de l’autre, la nécessité capitale de protéger les enfants.

    Les éditeurs sont évidemment responsables. Mais tous n’ont pas la même vision du client- on trouve de tout sur l’Appstore et Google Play-, alors charge aussi aux parents de contrôler et d’accompagner l’enfant dans la découverte (je rejoins l’avis des sociétés Potati et la SQR).

    Evidemment si un label pouvait « adouber » une application car elle respecte une charte éthique établie (pas de lien externe tel que facebook, pas de bannière pub, achat intégré seulement avec code parental…etc), cela permettrait aux parents et aux acteurs de l’Education de faire leurs choix -et de les assumer- en toute connaissance de cause, et dans un même temps, de valoriser le travail des éditeurs qui respectent réellement leur public.

    C’est un sujet qui nous a déjà valu de nombreuses réflexions chez Webdokid. Nous serions intéressés de les partager avec vous et d’apporter notre petite pierre à l’édifice :)

    • DéclicKids 08/11/2012 at 21:34 #

      avec plaisir :)

  20. Odile 09/11/2012 at 08:39 #

    Je me joins à toi Nathalie et autres personnes interessés pour, en effet, mettre en place un label qualité. Mais il faut qu’il soit crédible et bien fondé car, comme tu le sais, aux Etats-Unis il existe déjà de nombreux labels. Ils poussent comme des champignons et on ne sait pas vraiment sur quoi ils se basent.
    Alors oui un bon gros label « cocorico » pour des applis « réglos » !
    Cela permettrait également aux éditeurs de bons produits d’être mieux mis en avant sur l’AppStore…parce que là, ça devient vraiment du grand grand n’importe quoi sur l’appstore

    • DéclicKids 09/11/2012 at 12:23 #

      Oui !!!

      Oui pour faire ça bien (évidemment)
      Oui pour ne pas reproduire les erreurs US (d’ailleurs j’en parle dans un de mes commentaires, plus haut)
      Oui pour travailler la promotion en même temps.

  21. Caroline Simon 09/11/2012 at 13:32 #

    Bonjour Nathalie ! et à tous !

    L’association la Petite Bibliothèque Ronde travaille à la constitution d’un catalogue d’applis jeunesses recommandables en bibliothèque jeunesse (mais aussi dans tous les autres lieux où il y a des enfants et des médiateurs !).
    Un groupe de réflexion est actuellement au travail pour mettre en place une charte (encore merci Nathalie, pour ta participation !) :-)
    Des testeurs seront ensuite à l’affut pour trouver le meilleur des applis pour les enfants !!
    Pour plus d’info : http://www.enfance-lecture.com/projet-label/creation-dun-catalogue-dapplications-numeriques-jeunesse-1978

    et n’hésitez pas à nous contacter pour en parler !

    Caroline Simon (directrice de la Petite Bibliothèque Ronde)

  22. Yanick 09/11/2012 at 15:55 #

    Comme très souvent dans ce type de discussion ceux qui parlent après donnent d’abord leur avis par rapport à la position des autres. Après avoir dit bonjour à toutes et tous, bien entendu. :)
    Donc.. Bonjour !

    De notre côté (hocusbookus), nous avons bien entendu réfléchi à ce positionnement. Notre « Marchand de Sable » inclut une page FB accessible facilement que nous allons protéger de bien meilleure façon lors d’une mise à jour à venir sous peu. Pour cela, la technique peut être simple comme vous l’évoquiez (double, triple quintuple tap, tap prolongé. Mais il est à noter qu’elle sera toujours « contournable » par un enfant attentif).

    Après pour les parents et ou les éditeurs que nous sommes, sachez que par exemple iOS 6 intègre une fonctionnalité d’accès limité. Accessible dans les réglages d’Accessibilité, elle vous permettra de limiter l’accès à certaines zones sensibles. (un exemple en vidéo dans le lien en bas de ce message).

    Dans ce cas c’est la machine qui limite et qui « combat » les liens mal placés des éditeurs. Pourtant c’est effectivement au niveau de la vision du marché qu’il faut aussi se battre. Créer des histoires oui. Produire une oeuvre numérique, oui. Mais il est important, selon moi, de se placer dans la peau du parent et de l’enfant. Pour cela nous devons être à l’écoute. Dans un monde connecté, notre intervention ne s’arrête pas au fait de « livrer » une histoire. nous devons l’entretenir, nous en occuper, et comprendre comment les gens l’utilisent ou réagissent à sa lecture.

    En ce sens j’aime beaucoup l’idée d’agir ensemble pour partager des réflexions, établir ou suivre une charte, donner et prendre la parole.

    Merci à tout le monde pour ce moment de partage qui perdure.
    Merci Nathalie.

    Le petit lien dont j’ai parlé: http://www.macrumors.com/2012/09/19/ios-6-feature-guided-access-also-for-kids-and-kioks/

  23. Yanick 09/11/2012 at 16:01 #

    En complément, histoire vécue:

    Hier soir j’ai laissé à mon grand de 5 ans et demi la possibilité de choisir un livre sur l’Apple Store pour l’histoire du soir. Il a choisi Lucky Luke. Après un long téléchargement, après lui avoir proposé d’écouter en lieu et place Elodie Fondacci..il s’était endormi. J’ai voulu le coucher. Il s’est réveillé et a insisté pour voir ce livre dont il rêvait peut être déjà. Il s’est frotté les yeux, nous avons lancé le livre..

    Résultat: Gros logo « Acheter l’histoire complète ». Quelques cases pour amener à la découverte d’un jeu de bonneteau (caillou/jumelles). Commentaire déçu de mon gars: « C’est pas très bien ce livre. »

    Il s’est blotti contre moi et je l’ai couché. Il n’a pas fait d’histoires. Ce soir on se rattrapera.

  24. LSQR 09/11/2012 at 17:15 #

    Bonsoir tous, dites-moi, c’est le dernier salon où l’on cause ici.
    Je voudrai juste rebondir sur les lignes d’Odile :
    « Alors oui un bon gros label “cocorico” pour des applis “réglos” !
    Cela permettrait également aux éditeurs de bons produits d’être mieux mis en avant sur l’AppStore…parce que là, ça devient vraiment du grand grand n’importe quoi sur l’appstore »

    Si je peux me permettre, vous rêvez Odile ! Apple en a rien à faire d’un label et ne fait pas (ou plus) de mise en avant sur l’AppStore. Dixit la personne rencontrée chez Apple la semaine dernière !
    Par contre, je vous rejoins sur le grand n’importe quoi ! A tel point que je me pose de sérieuse questions, restera restera pas !

  25. LSQR 09/11/2012 at 17:16 #

    pardon pour les coquilles, trop vite écrit !

  26. Applimini 12/11/2012 at 10:02 #

    Oui je rêve et je ne carbure qu’à ça ;-)
    Plus sérieusement, on peut penser que sous l’action d’une vraie fédération de professionnels, Apple se penchera peut être sur la question non?

  27. Laura Fort 25/11/2012 at 12:47 #

    Et bien cette discussion nous a ouvert un peu les yeux chez Debout Ludo !

    Nous avons décidé de « passer du côté lumineux de la force » et de supprimer tous les liens de notre appli « Mon enfant apprend les aliments avec Ludo ».

    Il y en avait uniquement sur la page d’accueil de l’appli et nous pensions que ce ne serait pas trop dérangeant pour l’enfant qui, une fois le jeu lancé, ne se retrouve théoriquement plus sur la page d’accueil.
    Mais effectivement, cet article et ses nombreux commentaires nous ont convaincu de l’inutilité et du manque de sécurité de ce procédé. Notre engagement est, depuis toujours, de proposer des jeux sécurisés aux enfants, maintenant nous sommes totalement cohérents ! :)

    P.S. : la mise à jour de l’appli est encore en cours de vérification par Apple, on vous tiens au courant dès qu’elle sort (d’ici quelques jours !)

    • Laura Fort 29/11/2012 at 06:07 #

      Ca y est ! « Mon enfant apprend les aliments avec Ludo » version totalement sécurisée est disponible sur l’Apple Store ! :)
      (par contre la version Lite n’a pas pu être mise à jour du fait de la nouvelle règlementation d’iTunes :/ )

      • DéclicKids 21/12/2012 at 09:24 #

        Je vais mettre l’article à jour, pardon de ne pas l’avoir fait plus tôt.

    • DéclicKids 21/12/2012 at 09:02 #

      Merci Laura, c’est génial. Oui, c’est cohérent !

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